Finkielkraut voit dans ces polémiques l'expression d'un «ressentiment» populaire face aux élites, qui témoigne d'un dysfonctionnement de la démocratie. C'est une approche un peu moins simpliste, en effet, que la dénonciation des «tous pourris»... En philosophe, c'est à cette «passion de l'égalité» qu'il fait référence, cette promotion à un tel niveau dans les sociétés démocratiques modernes de l'aspiration à l'égalité de tous, que le seuil de tolérance acceptable de l'inégalité ne cesse de se réduire dans les esprits. Et ce qui ne «passe pas», c'est bien cette invitation de Finkielkraut à faire la part des choses entre un niveau de corruption et d'impunité des élites qui augmenterait, ou simplement un seuil de tolérance de l'opinion publique qui diminuerait... A travers ces buzz et par le levier d'Internet qui entre en résonance avec les médias traditionnels, l'opinion publique prend prétexte d'une actualité pour imposer son propre agenda au monde politique et médiatique.
- Charles Guillocher