«Puisque l’essai historique a le vent en poupe, il faut veiller à maintenir l’ouvrage de savoir aux côtés de l’essai de connaissance, […]. Mais publierait-on aujourd’hui Montaillou, village occitan, surtout en l’absence d’Apostrophes pour le populariser ? Rien de moins sûr. Les historiens, qui ont déjà du faire leur deuil des index de noms et d’œuvres, font depuis peu l’expérience d’un autre phénomène : des éditeurs leur demandent désormais de supprimer les notes en bas de page ou même en fin de volume ainsi que les sources, afin d’alléger leur livre à tous points de vue. Comme si tout gage de sérieux et de rigueur, autrefois exigé d’un historien comme on demande ses références à la personne qu’on va engager, était devenu pénalisant tant l’allure en serait rébarbative. […] Plus se révèlent les possibilités infinies de l’hypertexte, plus se réduit l’espérance de vie des notes infra-paginales.»
- Lyonel Kaufmann